28 JOURS PLUS TARD (Danny Boyle, 2002)

Londres, XXIème siècle. De virulents défenseurs des droits des animaux viennent libérer une bande de singes victimes de honteuses expériences médicales. Mais aussi louables que soient les intentions de cette tripotée d’écolos primaires, il est vrai qu’il vaut mieux écouter de temps à autres les scientifiques. Parce que nos sympathiques primates cousins sont infectés par un sacré virus, une belle saloperie qui se transmet par le sang et qui va se répandre de manière bien plus efficace que l’Ebola dans ses grands jours.

Jim (Cilian Murphy) se réveille pas moins de vingt huit jours plus tard (d’où le titre, il faut croire) d’un petit coma, somme dont il aurait mieux fait de ne pas sortir car il se retrouve à errer dans une ville déserte avant de tomber sur un tas de cadavres et de types aux yeux rouges, particulièrement excités et qui n’ont manifestement qu’une seule envie : le bouffer.

Fort heureusement pour lui, il tombe sur la belle black Serena, saine de corps et d’esprit, qui va lui expliquer le côté quelque peu étrange de la situation. Après avoir rencontré le gros Franck et sa fille, ils vont se diriger vers ce qu’il leur semble être la seule solution : une bande de militaires tordus qui résiste tant bien que mal aux attaques des infectés.

Danny Boyle est un personnage sympathique. Pas un de ses films qui n’ait pas un tant soit peu d’originalité. Même lorsqu’il s’essaie au style éculé du film apocalyptique de zombies. Certes, Boyle a nié avoir voulu faire un film de zombies (il est vrai qu’un zombie est généralement un mort-vivant alors qu’il s’agit ici de malades) mais on ne va pas non plus chipoter sur la classification des morbides personnages humains qui veulent du mal aux gens normalement constitués !

Outre les réflexions véritables mais généralement tout à fait vaines auxquelles mènent les films catastrophes où tout va à vau-l’eau, il y a de vraies bonnes idées dans le film de Boyle. Comme l’origine du virus. Jouer sur le principe de précaution avait un certain sens, et le fait que ce soit une bande d’idéalistes trop obtus pour réfléchir qui le lâche dans la nature était une magnifique idée. Comme la dialectique induite par les différentes réactions des protagonistes quant à leur propre survie et à celle des autres. Comme l’idée d’avoir tourné en DV, ce qui permettait, outre une plus grande aisance de réalisation pour les scènes dans Londres vide, la fabrication d’une image type documentaire et donc une esthétique un peu plus flippante. Comme le fait que, pour une fois, dieu soit loué, les zombies courent comme des dératés et ne soient pas en train de tâtonner comme Helen Keller jouant à colin-maillard.

Et pourtant. Et pourtant il y a quelque chose qui fait que le film ne fonctionne pas. Peut-être parce qu’entre quelques bonnes répliques, d’autres sont tellement mauvaises qu’elles font retomber l’ensemble dans l’écueil grotesque auquel il avait su échapper en donnant aux dialogues un côté absurde et à certains rebondissements un aspect artificiel. Peut être parce que la fin, violente à souhait, tranche trop avec l’intelligence des débuts du film. Jouer sur l’imprévisibilité des réactions humaines en retournant littéralement le comportement de Jim aurait pu ouvrir quelques pistes intéressantes mais ne fait en réalité qu’achever une œuvre originale de manière trop facile. Ou encore peut-être et sûrement à cause de Cilian Murphy, acteur-tête-à-claques qui intrigue d’abord avec ses grands yeux bleus et son air d’adolescent maladif puis agace à rester systématiquement la bouche ouverte et à jouer ses répliques bidons avec le plus grand sérieux du monde.

28 Jours Plus Tard intrigue, excite puis frustre, et on ne peut que regretter que la fin alternative soit restée à l’état de story-board. Reste la longue scène d’introduction qui restera sans doute mythique.

Matthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Mardi juin 09 2009at 12:06 , filed under Ciné US$, Fausse Bonne idée / Plaisir Coupable and tagged , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “28 JOURS PLUS TARD (Danny Boyle, 2002)”

Laisser un commentaire

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>