HELLBOY (Guillemo Del Toro, 2004)

Voilà à quoi aurait ressemblé le Comicon' si les nazis avaient gagné
Voilà qui fait plaisir ! Un super-héros qui n’est pas beau, qui n’est pas en train de se demander ce qui ne va pas chez lui et qui n’a pas un énorme complexe à la Wolverine, l’homme-qui-a-tout-pour-lui-mais-qui-est-triste-et-beau-pour-les-besoins-de-la-production.
En même temps, on ne voit pas comment Hellboy pourrait avoir la moindre ambigüité par rapport à son propre cas. Tout rouge avec une queue et des cornes, foutu comme une armoire normande, et avec un poing gros comme les deux cuisses de Chabal, il aurait eu du mal à s’estimer humain.
Cette histoire particulièrement acadabrantesque débute en 1944 lorsqu’une bande de G.I interrompt en Ecosse une tripotée de nazis qui, en compagnie du sieur Rasputin (mort en 1916 mais on ne sait pourquoi présent au moment des faits), réveille la porte menant à l’autre monde. La mission nationale-socialiste échoue donc mais un petit être a quand même traversé la porte. Il est tout petit, tout nu, et ressemble à un singe…tout rouge. Cette petite chose couleur hémoglobine est Hellboy. Et, adopté par l’armée américaine (friande de choses cheloues comme chacun sait), il devient des décennies plus tard un héros pour les services américains et un mystère pour la populace.
Sauf que des décennies plus tard, Rasputin renaît de ses cendres et est bien décidé à déclencher l’apocalypse en se servant de la main tchernobylisée d’Hellboy comme clé vers l’autre monde. On l’aura compris, ça va en découdre sévèrement et Hellboy, malgré ses origines douteuses, va devoir se battre face à des créatures aussi louches que lui.
Le film de Guillemo Del Toro n’est pas un grand film, loin de là. Même à l’aune du divertissement musclé, Hellboy laisse perplexe à bien des égards. Entre des effets spéciaux ne présentant pas grand-chose d’inventif ou de novateur et une histoire particulièrement capilotractée, il est difficile pour le néophyte des aventures de ce gros rougeaud de ne pas en sortir un peu sceptique. Les monstres qui font leur apparition font penser à la créature de The Host en moins funky et cette obscure machination menée par Rasputin et une momie nazie mêlée aux problèmes relationnels d’Hellboy et de sa pyrotechnicienne de nana n’arrive jamais à réellement accrocher.
Malgré tout, il se dégage une vraie fraîcheur de l’ensemble. Peut-être parce que Ron Pelman, un de ces grands acteurs à la tronche cocasse, interprète sympathiquement le singe de l’enfer. Peut-être parce que cette histoire extravagante est intelligemment faite de personnages secondaires amusants comme l’immortel et grotesque automate nazi qui fait un complexe freudien vis-à-vis des armes blanches ; comme le petit pote d’Hellboy, amphibien ridicule, sympathique donneur de leçons tel Buddha dans ses grands jours ; ou encore comme l’amour de sa vie, gentille traumatisée par son pouvoir qui en fait une nana plus chaude que la plus chaude de tes copines. Ou peut-être tout simplement parce que Del Toro a opté pour un super-héros et un acteur sérieux, physiquement un peu grotesques mais toujours sympathiques et a réalisé un film certes musclé mais pas prétentieux.
Matthieu Buge

Film ennuyeux, insipide et pas très drôle, Hellboy déçoit énormément mais est heureusement vite oublié.