J’IRAI AU PARADIS CAR L’ENFER EST ICI (X.Durringer, 1997) par T.B

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Un film au titre aussi pompeux et couillu, genre philosophie pour gangsters illettrés, ne peut pas être totalement mauvais.  D’autant que, magie du cinéma, il est justement question de malfrats aussi impulsifs et pathétiques que les sympathiques psychopathes auxquelles nous a habitué Tarantino himself (j’ai remarqué que losqu’on cite Tarantino, il faut toujours ajouter himself, si c’est télévisé, on mime la petite révérence pour faire allégeance au seul cinéaste qui fait à peu près l’unanimité).

Nos sympathiques mais néanmoins psychopathes gangsters échappent donc, pour partie, à un braquage qui a mal tourné. S’en suit l’histoires classique : description de l’organisation criminelle à l’ancienne, avec code d’honneur, trahisons, incendies, pétages de plomb, rédemption, etc. De quoi donner un charmant petit film de seconde partie de soirée. Or, le film est plus malin. Sachant que même avec le budget du dernier Astérix, il est impossible de faire un Scorcese  français,  on a pas lésiné sur le french spirit et ça marche. Le film se déroulant aux milieux des 90’s, on retrouve ce look merveilleux, glamour en diable (qui ne s’habillait pas en Prada à l’époque). Imaginez un gangster en pull sur lequel en plissant un peu les yeux on pourrait apercevoir des traineaux et des rênes. On y est, c’est improbable, c’est les 90’s, côté province.

Le film nous embarque. Et on oublierait presque l’acteur principal, Arnaud Giovaninetti, aussi subtil que son nom est simple. La bande de seconds couteaux qui l’entoure contraste. Le toujours très flippant, Gérald Laroche, en tête. Ils y croient et nous avec. Maladroits et excessifs, voire cabots, on se dit vite que des gangsters aussi franchouillards que bourrins sont forcément ainsi : pour croire eux même à leur combines et rackets minables, ils sur jouent les mâles, les vrais, ceux à qui on l’a fait pas. On est bien loin des daubes que nous pond régulièrement le surestimé Olivier Marchal, dont le boursouflé MR73 fait bien pitié à côté (c’est gratuit, mais ça fait plaisir).

Ce film à l’aura confidentiel a, j’en suis sûr, son noyau dur de fans. A découvrir ou à redécouvrir donc, pour se dire que la France a des cartes à jouer en matière de films noirs. Et puis, un film montrant que c’est un truc de ouf d’avoir un flingue et encore plus, de s’en servir, c’est tout de même rafraichissant.

Timothée Bongrain

This entry was written by M."K".B , posted on Jeudi juin 18 2009at 11:06 , filed under Ciné Paté and tagged . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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