X-MEN ORIGINS : WOLVERINE (Gavin Hood, 2009)

Oooooh la sale bête.
Ah, après le filon des super-héros, nos chers studios hollywoodiens ont trouvé une nouvelle idée pour attirer le chaland. L’origine de ces super-héros ! Ca a du bouillonner sérieusement dans les cerveaux des départements développement…
On avait déjà eu le droit à la naissance de Batman, maintenant, voilà les origines du Glouton, laissant craindre que celles de Cyclope, Diablo ou autre quelconque freak ne viennent polluer les salles obscures.
Dans le fond, peut-on se permettre de pester réellement contre la nullité ce nouveau blockbuster sous stéroïdes ? Si on est assez con pour aller s’enfermer un bel après-midi de mai avec trois cents geeks du Marvel pour mater des mutants se filer des gnons, on l’a cherchée quand même un petit peu cette nullité…
Et puis, après tout, le film de donne que ce qu’il promet au visionnage de la bande-annonce. Les équipes de scénaristes ricains font toujours bien leur boulot : pas une scène qui n’ait pas un intérêt dans la progression de l’histoire, des rebondissements et cliffhangers en veux tu en voilà, et la promesse qu’on nous servira un autre bol de cette soupe sous peu. Les moyens (100 millions de $, bah oui, quand même !) sont là pour épater le pékin moyen et on en sort lessivé, avec l’impression d’avoir fait du sport pour l’année. Hugh Jackman n’y est pas pour rien et les deux heures de muscu qu’il s’imposait sur le tournage d’Australia portent leurs fruits. Redéfinissant la notion de biceps et de port du marcel, il en jette un maximum avec sa pilosité d’homme des bois et on a limite peur que ses veines explosent quand l’animal n’est pas content.
Si Logan-Wolverine est peut être un des héros un peu sexy chez les mutants, ce type de personnage pose tout de même un léger problème de scénario. Bon, il a ses griffes, son squelette en métal, mais comme il a aussi une capacité à se régénérer, on tombe forcément dans la surenchère de violence et de situations oufs pour exciter le spectateur. Il faut nécessairement trouver un ennemi encore un peu plus fort et un contexte un peu plus dangereux à chaque fois. Que le combat final se passe en haut d’un réacteur nucléaire en train de s’effondrer face à un mutant qui cumule les pouvoirs de tous les autres laisse imaginer l’escalade de la violence et la finesse du suspense de l’ensemble… Et c’est d’autant plus pénible que c’est sans doute la partie réalisée via écran bleu la plus ratée du film. Hmmm quel travail élégant sur les couleurs !
C’est un peu le même problème avec le concept de mutant. Trouver une foultitude de personnages aux particularités plus incongrues les unes que les autres est un vrai défi. Et l’ensemble des seconds rôles laisse un peu perplexe. On ne peut pas ici blâmer la production car si le casting est relativement insipide, ce sont surtout les personnages et leurs pseudo-dons qui intriguent. Untel à des griffes (pas les lames de Wolverine, non, non, celui-là à les ongles longs ! Scary !), tel autre devient méga-balèze quand il joue avec des instruments de magicien… Les créateurs des Marvel devaient être bourrés pour trouver des idées pareilles, ou prendre sacrément leurs fans pour des abrutis.
On sait que le sympathique Hugh Jackman s’est beaucoup impliqué dans ce nouveau volet de la « Saga X-Men » (en étant producteur, notamment), mais il est difficile de ne pas se marrer à l’idée qu’ils considèrent avoir donné une certaine profondeur au personnage. Sa naissance, ses démons, son amour… Wolverine n’aime pas les guerres ! C’est un humaniste dans le fond. A noter que la raison pour laquelle il les enchaîne toutes pendant un siècle reste un mystère…) et que – oh le beau message politique barbecue sauce ! – son revirement s’opère pendant la guerre du Vietnam… Il se bat contre sa nature violente, instinctive. Non, Logan n’est pas un animal ! C’est un être humain un peu chelou c’est tout ! Mouai… enfin personne n’y croit et personne ne veut y croire de toute façon, ni les militaires qui veulent l’utiliser ni le spectateur qui n’a qu’une seule envie : le voir planter ses griffes, découper de la bidoche et balancer des répliques qui tuent du genre « I’m coming for blood ! ».
Qu’on se rassure, l’absence de Happy End traditionnelle et l’amnésie de notre glouton préféré promet de nouvelles aventures chromosomiques palpitantes. Vivement qu’on découvre que le rêve de Cyclope est d’être accordeur de piano !
Matthieu Buge

Cette incroyable daube fait en effet tâche au milieu des quatre autres X-men qui sont plutôt de bonne facture. Le peu d’informations qu’on avait déjà sur le passé de Wolverine suffisait amplement et rendait le personnage énigmatique. Il n’était donc pas nécessaire d’en rajouter des tonnes.