LES FRISSONS DE L’ANGOISSE (Dario Argento, 1975)

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La première d'une longue série de meurtes kitsch

Peut-être est-ce parce que ses parents se sont rencontrés sur ce tournage qu’Asia Argento est un personnage aussi louche. Le blockbuster (entendons nous, en territoire italien) de Dario Argento s’est refait une beauté grâce à Wild Side qui nous a sorti un DVD du film version longue alors que nos parents n’avaient eu le droit qu’à une bobine amputée de seize minutes. Seize minutes, ça paraît peu dit comme ça, mais au visionnage on comprend qu’il fallait que le film fasse près de deux heures pour s’imprégner de cette atmosphère kitschissime et de ce scénario qui, cherchant à créer un labyrinthe, se perd lui-même.

Mark Daly (David Hemmings), pianiste anglais bourrés de principes machistes et exilé en Italie, est témoin du meurtre d’une médium (Macha Méril, si, si !) alors qu’il s’entretient avec un alcoolique notoire dans une sombre ruelle. Seul témoin oculaire, tentant de mener tant bien que mal sa propre enquête avec une journaliste relativement inutile, il va se retrouver peu à peu au centre d’une série de meurtres sanglants et comprend rapidement que ça chauffe pour ses fesses. On évitera ici de vous spoiler de manière sale, l’enquête faisant partie intégrante du plaisir qu’il y a à regarder ce bijou.

Parce que bon, dès le départ, le spectateur peine à comprendre le lancement de l’intrigue. Pourquoi cherche-t-il avec une telle persévérance l’assassin d’une nana qu’il ne connaît pas ? Témoin oculaire certes, mais en guise de meurtrier qu’a-t-il vu à part, dans une ruelle sombre, une silhouette de dos dans son grand imperméable ? Et sur son chemin c’est une multitude de personnages qu’il croise, personnages qui n’ont a priori aucun rapport avec l’enquête – mais ce serait sans compter sur l’inventivité d’Argento qui arrive à créer des liens inexpliqués ou sacrément nazes et tout à fait savoureux. Le spectateur qui, à la fin, se serait dit : « je l’savais ! » est prié de bien vouloir contacter les rédacteurs de ce blog.

C’est sûr qu’avec ces éléments là, Mark Daly risquait de peiner dans son enquête. Ajoutez à cela un David Hemmings que l’on prendrait aisément pour Robert Mitchum revisité en acteur de cul des années 70 et vous avez un personnage principal des plus charismatiques, merci d’en convenir.

En gros, on n’y croit pas une seconde. Mais curieusement, on se surprend à se poser les mêmes questions que lui et à suspecter à la fois tout le monde et personne, on n’y croit pas une seconde mais on est pris par la machine.

Sans doute ce paradoxe est du à l’ambiance magistrale du film. Ambiance unique elle-même tout en paradoxe puisque l’angoisse du thriller vient se briser contre les torrents de sang rouge pop, les montages très originaux mais pas forcément très appropriés aux besoins du scénario et une musique des plus curieuses, composée par The Goblins dans le genre de la B.O de l’Exorciste qui aurait rencontré King Crimson. Autant imaginer Pink Floyd mandatés pour faire une B.O des frères Farelli.

Trente-cinq ans plus tard, soyons honnête, le film d’Argento passe plutôt bien. Mais peut-être pas au sens où ce dernier l’aurait entendu…

Matthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Mercredi juillet 29 2009at 08:07 , filed under Ciné Minorités and tagged , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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