BRÜNO (Larry Charles, 2009)

Brüno et son petit gayby d'Afrikanisher

Brüno et son petit gayby d'Afrikanisher

Après Borat, Larry Charles et Sacha Baron Cohen frappent une nouvelle fois avec la dernière des créations de Cohen, Brüno, le pédé autrichien.

Brüno est le présentateur d’une émission autrichienne dédiée à la mode, « Funkyzeit mit Brüno ». Après avoir présenté avec bonheur sa vie quotidienne au spectateur, de son émission télévisée à sa vie privée qu’il partage avec Diesel, pygmée dont l’anus sert manifestement à beaucoup de choses, Brüno se fait virer de la chaîne pour laquelle il bosse après avoir ruiné malgré lui un grand défilé à Milan. Passant de gay en vogue à mec rejeté par le système et largué par son pygmée qui ne voit plus en lui qu’un has been, Büno décide de partir aux Etats-Unis pour devenir célèbre, par tous les moyens.

Reprenant toujours le même principe (film quasi-documentaire, très peu de vrais acteurs, situations choquantes et burlesques…cf. le billet sur Borat), l’équipe va ici encore plus loin. Tout en arrivant – ce qui constituait déjà un défi de grande ampleur – à faire de l’humour encore plus ras les pâquerettes qu’avec Borat, ils réussissent aussi à faire encore plus fort en terme de scandales.

Une nouvelle fois, les Etats-Unis sont la cible de cette satire. Les Etats-Unis en tant que lieu symbolique de la concentration des stupidités humaines. Prenant comme pivots narratifs différentes façons que pourrait avoir Brüno d’accéder à une célébrité encore plus grande qu’Arnold Schwarzenegger ou Adolf Hitler, les scénaristes s’attaquent à toutes les aberrations qui apparaissent comme tant de pré requis pour atteindre le succès.

Devenir une movie star ? Les exubérances de ce sympathique gay d’Europe Centrale ne passeront pas les conventions du Hollywood faussement bien pensant de Bradolf Pitler, Wilhem Schmidt et Stevie Wunderbar.

Défendre une cause à haute valeur symbolique ajoutée ? Un pédé inculte, aussi sensé soit-il, ne semble pas apte à résoudre une interminable crise israélo-palestinienne aussi absurde que la confusion volontaire entre le houmous et le Hamas.

Adopter un gamin du tiers-monde tel Brad Pitt et Angelina Jolie ? Un homosexuel monoparental avec un petit Afrikaner répondant au nom de « O.J » aura du mal à séduire la communauté black américaine.

Devenir hétéro ? Mais c’est là une entreprise vouée à l’échec et sans doute la morale de l’histoire qui veut que renier sa propre nature au nom d’idéaux stupides ne peut rien apporter de bon.

Il semble que plus de moyens aient été déployés pour ce nouveau volume de la collaboration Charles/Cohen. On peut regretter ce côté un peu lissé que n’avait pas Borat. Mais peut être était ce aussi un parti pris pour renforcer le côté précieux du personnage et, encore une fois, Cohen livre ici une prestation magistrale, faisant preuve d’un stoïcisme bluffant dans des situations plus improbables les unes que les autres. D’autant que la dimension « Jack Ass » de Brüno est encore plus poussée que chez Borat et que l’on en vient souvent à se demander comment il a réussi à éviter de se faire salement assassiner par bon nombre des personnes qu’il va titiller.

Inutile de disserter sur la bêtise des critiques qui ont fustigé Cohen pour sa grossièreté et sa prétendue homophobie. Brüno ne se décrit pas, les situations qui sont filmées se savourent et la lourdeur de l’ensemble n’a d’égale que l’intelligence du propos que sous-tend toute cette histoire débile.

Matthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Lundi août 03 2009at 06:08 , filed under Ciné US$ and tagged , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “BRÜNO (Larry Charles, 2009)”

  • Larmo dit :

    Encore plus fort que Borat, Brüno est un film complètement déjanté à surtout regarder en gueule de bois (fou rire garanti). On se demande comment Cohen va dépasser les limites déjà bien atteintes dans son prochain film. Mission impossible ? J’en doute.

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