VERY BAD TRIP (Todd Philipps, 2009)

Voilà bien le film du dimanche soir parfait. Efficace, bien foutu, et nécessitant l’allumage d’à peu près autant de neurones que ceux dont font preuve les protagonistes de cette histoire rocambolesque.

Doug s’apprête à se marier et part faire sa bachelor party à Las Vegas avec ses deux meilleurs potes, Stu le coincé et Phil le déconneur, et son futur beauf’ Alan, sympathique demeuré qui pourrait être issu d’un croisement entre Rain Man et Jack Black.

Les quatre louent une suite au fameux Caesar Palace, se la collent sévèrement et n’ont aucun souvenir, mais alors vraiment aucun, de ce qu’ils ont bien pu faire pendant la nuit (d’où le titre anglais toujours plus approprié, The Hangover). Qu’est ce que peut bien foutre un tigre dans la salle de bain ? A qui est ce bébé qui traîne dans le placard ? Pourquoi Stu a-t-il une dent en moins ? Mais surtout, où diable a bien pu passer Doug ? Autant de « WTF ? » questions que ces trois abrutis vont devoir résoudre afin d’amener Doug à temps devant l’autel.

Quand on s’engage dans un film de ce style, il semblerait assez malhonnête de venir se plaindre de l’absence de propos du film et, de toutes les manières, comme dans tout film ricain, on retrouve les thématiques d’amitié, d’amour, etc, etc…traitées de manière conventionnelle mais honnête.

Non, le spectateur sait qu’il s’apprête à regarder 90 minutes de gueule de bois, constatant qu’il a déjà vécu des expériences à peu près similaires. « A peu près » parce que le pékin moyen n’a pas vraiment l’occasion de s’envoyer des cuites qui coûtent plusieurs millions de dollars et que ce genre de film ne marche qu’en faisant dans la surenchère permanente. Et c’est sans doute pour cela que le film fonctionne aussi bien. Il évoque des situations et des sentiments qui sont étrangers à peu de monde – remords ou honte de la soirée bien trop alcoolisée rendant joyeusement irresponsable et menant au blackout terrifiant – mais en les décuplant, en les rendant particulièrement violents et absurdes, et donc en les décrivant avec un regard parfaitement décomplexé.

Récit d’aventures imbéciles, Very Bad Trip fonctionne en tant que galerie d’exposition de personnages et de faits débiles. Des flics excités du taser à l’arrivée imprévue de Mike Tyson en passant par un genre de mafieux gay chinois bien grotesque (il est curieux que la prod’ ait pris le risque de se fâcher avec un marché aussi immense mais d’un autre côté, ce film ne passera certainement pas la censure du Parti), la horde des personnages secondaires picaresques est essentielle et jouissive et vient combler le léger déficit des acteurs principaux. Car évidemment, Doug n’est que le prétexte. Il disparaît rapidement et réapparaît peu avant la fin, laissant libre cours aux mésaventures des trois abrutis aux caractères si différents qui, s’ils sont bien campés, aurait mérité d’être construit de manière un peu moins conventionnelle.

Very Bad Trip fonctionne bien parce que c’est un film léger produit par la Warner, donc avec les moyens scénaristiques et techniques qui vont avec. Comme dans un bon film débile comme Men Suddenly In Black, tout est parfaitement ficelé et la réal’ est suffisamment chiadée pour qu’on dépasse le cadre du film potache de bas étage. Mais c’est un peu aussi pour ça qu’il est possible de finir par s’ennuyer : bien ficelée mais de manière conventionnelle, l’histoire devient prévisible non dans les faits en eux-mêmes mais dans l’arrivée de ses pivots narratifs, dans ses personnages et dans les changements qui se font en eux après ce week-end merdique.

Petit film sympatoche à la catharsis alcoolisée efficace, Very Bad Trip ne restera néanmoins sans doute pas un grand cru mémorable.

Matthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Mardi août 18 2009at 01:08 , filed under Ciné US$ . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “VERY BAD TRIP (Todd Philipps, 2009)”

  • Larmo dit :

    Bof bof, déjà le film ne brille pas par l’originalité de son scénario qui commence exactement comme dans very bad things mais qui évidemment ne se termine pas de façon similaire. Pas très drôle, les blagues sont souvent très attendues. Les films produits par Apatow et sa bande sont beaucoup plus jouissifs (Superbad ou 40 ans, toujours puceau).

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