THE CHASER (Na Hong-Jin, 2009) par T.B

Quand au bout d’une petite demie heure d’un film au titre aussi explicite que The Chaser, le meurtrier se retrouve derrière les barreaux, on se dit qu’il y’a un tout petit problème. Et bien, en fait non. On nous a juste servi l’apéro : le portrait, rapide, du anti héros : un proxénète, ex flic, qui fait franchement la gueule parce qu’un féru du marteau et du burin dilapide tous les actifs (les filles donc) de sa petite entreprise (qui n’avait pas attendu l’autre vicelard pour connaître la crise). Au passage, une petite scène de torture nous rappelle que le trash sera de la partie.
Le film commence alors. Le psychopathe (un peu lunaire, tendance sociopathe) est donc au commissariat et avoue rapidement les meurtres. Problème, le petit saligaud ne se souvient plus de l’endroit où se trouve la dizaine de cadavres. Tout l’enjeu sera, pour notre ami proxo, de retrouver sa planque (pas de cadavres, pas d’inculpation) avec le mince espoir de retrouver une de ses girls encore en vie. Au passage, il va s’enticher de la (toute petite et mignonne) fille de celle ci (si vous suivez encore, vous êtes fort).
On commence à savoir que les cinéastes asiatiques, particulièrement les coréens, sont doués pour les histoires bien sombres, émaillées d’humour et de cas cliniques d’absolus tarés. Passée la surprise, on s’est habitué, depuis une demie douzaine d’années, au folklore, aux rapports étranges que ces gens du continent lointain ont entre eux. Peut être qu’ils ont eux même « ouvert » leur cinéma (le débat est ouvert). Toujours est il qu’on est rompu à ce genre de schéma. Et donc, The Chaser malgré un cadre, une photographie et une interprétation soignés, n’est pas la petite bombe annoncée. On est accroché par l’histoire et le dispositif, mais le film n’arrive pas à la hauteur de ces prédécesseurs, peut être arrive t il simplement un peu tard.
Memories of murder, Old Boy et consorts sont autrement plus réussis. La faute à un rythme dilettante qui laisse place à quelques trous d’air. Les vingt dernières minutes tourne à l’emphase, on change alors de ton. La fin est quasiment christique, sans aucune gradation, on frôle le grotesque. Le cinéaste nous perd, comme la petite fille du film (on ne saura jamais ce qui lui ait arrivé). Le brassage d’air du « héros » est une bonne idée. Il passe plus de temps à argumenter avec les flics (d’une incompétence bien cinématographique), voire à essayer de leur échapper. Seulement, on finit par se désintéresser de sa quête, obnubilé par ses pirouettes et les bons mots qui parcourt le film.
Reste un film noir de belle facture. Quelques scènes extrêmement réussies (celle de l’épicerie notamment). Et une sympathique réhabilitation de la figure du maquereau (Hustle and flow, sur le même thème mais dans un tout autre genre est pas mal du tout). Cinéaste à suivre.
Timothée Bongrain

Voila un article qui nous en fait vouloir plus…
C est quoi la biographie de Hong-jin…?
Et on veut une replique mythique???
Continuez comme ca.
C’est un premier film.
Il est arrivé directement à Cannes (signe de la bienveillance de la sélection envers le cinéma coréen), hors compétition (faut pas pousser tonton)
J’ai pas en tête comme ça de réplique culte mais dès que je remate cette petite pépite, je vous fais signe.
Merci en tout cas pour vos encouragements,
Ils sont rares les gens qui osent me dire que je suis super! (Ah, sacrée pudeur)
à bientôt
le Cougar (for real!)