LE TOP 10 DES FILMS DES ANNEES 2000

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La décennie arrivant à sa fin, nombre de listes apparaissent pour établir un classement débile des meilleurs films des années 2000. Si de son côté Télérama nous sort son propre cru 2009 réalisé à la fois par ses respectés critiques et son estimé lectorat, on peut aussi se pencher sur le classement « populaire » sorti par la très honorée IMDB. Ce « top rated 2000’s titles » se base à la fois sur la note moyenne donnée aux films par les internautes et sur le nombre de votes dont a bénéficié chaque film. Ce qui livre une relativement bonne idée du niveau moyen de la culture populaire contemporaine, même s’il faut avoir en tête que ce classement est réalisé grâce à des « clics » majoritairement ricains et qu’il est sans doute appelé à varier – même de manière peu significative.

Ainsi donc arrive en tête le divertissant Dark Knight (2008), avec sa succession de beaux phénomènes pyrotechniques et synthétiques, son sympathique et névrosant Heath Ledger, et son pathétique et inutile Christian Bale qui, depuis, a réussi à faire une prestation encore plus insipide dans Public Ennemies (2009). Que The Dark Knight arrive en tête des charts sur toute la décennie peut quand même laisser un peu perplexe. Car les énièmes aventures de la chauve-souris, bien que remaniées, ne sont pas de la plus grande originalité, et en terme de divertissement bon nombre de blockbusters rivalisent sans problème. Mais le pessimisme qui imprègne le film étant particulièrement intéressant au regard de l’histoire récente des Etats-Unis, il semble évident qu’un tel film, visuellement impressionnant et symboliquement très fort, allait marquer l’esprit du ricain moyen.

On trouve malheureusement aussi dans ce top 10 le fameux « LOTR ». Attention, non pas un épisode de la saga des Hobbits mais bien les trois, avec le Retour du Roi qui chope la deuxième position, La Communauté de l’Anneau la quatrième et Les Deux Tours la septième. On aurait pu admettre sans problème la présence de la trilogie prise dans son ensemble dans le classement mais les caler séparément comme trois des meilleurs films de la décennie relève de l’intolérable, n’ayons pas peur des mots. On ne s’épanchera pas ici sur le sujet, une critique parfaitement malhonnête de la trilogie se trouvant déjà sur ce blog, mais considérer que toutes les aventures des nains aux pieds velus méritent d’être dans ce classement relève d’une même malhonnêteté au regard de la production mondiale d’une décennie entière.

Il est assez amusant de constater aussi que sur les dix, neuf sont des films américains (félicitations au brésilien La Cité de Dieu qui trône en troisième place !) et cinq sont des produits des deux dernières années (The Dark Knight, Up, Inglorious Basterds, District 9 et Wall-E). Comme si l’avalanche marketing systématique avait non seulement le pouvoir de mettre des œillères à la population mais aussi celui de lui faire oublier qu’il y a eu des films de qualité les années qui précédaient.

Les films d’autres régions du monde, quant à eux, commencent à arriver dans les dix suivants (avec une incursion dans le top 10 lorsque le vote des internautes fluctue de manière plus significative), avec Amélie Poulain, La Vie Des Autres, Le Voyage de Chihiro, Le Labyrinthe de Pan

Pour faire une transition avant d’examiner un tri un peu plus malhonnête et prétentieux, arrêtons nous une seconde sur le classement du Times Online qui, lui, a préféré porter aux nues un certain nombre de films qu’on qualifie généralement « d’auteur porteurs » (comprendre films d’auteur à vocation commerciale). Ainsi apparaissent, du dixième au premier : 10-Hunger, 9-The Queen, 8-Casino Royale, 7-The last king of Scotland, 6-Slumdog Millionaire, 5-Team America, World Police, 4-Grizzly Man, 3- No Country for oldmen, 2-The Bourn Supremacy/the Bourn ultimatum, 1-Caché.

Maintenant que ce classement qu’on qualifiera d’honnête a été évoqué, il est temps de mentionner celui de la Cinémathèque du festival du film de Toronto. Ce catalogue de chef-d’œuvres ne déplairait certainement pas aux pontes du Masques & La Plume, cloîtrés dans leur studio à écorcher vif le moindre réal grand public, et à ceux de publications réputées qui auraient tendance à regretter que le cinéma ne soit pas uniquement tarkovskien à tendance mizogushiste. Les cinéphiles canadiens nous ont donc fait la sélection suivante (sans ordre particulier et qu’ils ont eu l’honnêteté de qualifier d’ « alternative »): Syndromes and a Century et Tropical Malady de Apichatpong Weerasethakul, Platform et Still Life de Jia Zhang-Ke, Eloge de l’amour de Godard, Le voyage de Chihiro de Myazaki, Les glaneurs et la glaneuse d’Agnès Varda, Three Times et Millenium Mambo de HHH, The New World de Terrence Malick, Caché de Haneke, Elephant et Gerry de Gus Van Sant, Beau Travail et L’intrus de Claire Denis, I don’t want to sleep alone de Tsai Ming-Liang, Le fils et L’enfant des frères Dardenne, The death of Mr. Lazarescu, l’Arche Russe de Soukorov, Mullholand Drive de Lynch et the Wind will carry us de Kiarostami.

Au regard de ces différentes visions du cinéma mondiale, entre celle des ricains pyrotechno-addicted, celle des critiques du Times qui ne se mouillent pas trop en jouant la carte des films « sérieux mais bankable » et celle des cinéphiles qui semblent particulièrement apprécier les salles vides, on peut penser qu’on a ici une synthèse de l’esprit du siècle qui débute.

Et maintenant, le tri débile du Kitsune tendance bridé sans ordre précis :

Yi Yi, Valse avec Bachir, 2046, La Vie Des Autres, Old Boy, Lost In Translation, Infernal Affairs, Le Voyage de Chihiro, Casino Royale, Hero.

Matthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Mercredi décembre 30 2009at 03:12 , filed under Bazar . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

2 Responses to “LE TOP 10 DES FILMS DES ANNEES 2000”

  • Zorro Toto dit :

    Je trouve le classement de Toronto beaucoup trop mainstream
    et ton classement beaucoup trop pragmatique (les asiatiques sont les plus nombreux: la peur t’anime!)
    En revanche, le demotivational m’a fait hurler de rire
    la présence de Team America, world Police rélève d’un hoix audacieux autant qu’hasardeux (mais le mauvais goût mérite sa place dans le cinéma, Paris en est rempli-et Paris étant la capitale du cinéma, car du monde libre…)
    continue comme ça camarade

  • leo dit :

    Votre classement est parfait et non débile

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