LE TOP 10 DES (GRANDES) CARRIERES DOUTEUSES

Après le top 10 des acteurs les plus surestimés voici donc venu le temps de se pencher sur le top 10 des carrières suspectes.
Grands acteurs ou cabotins bénéficiant simplement d’un sacré physique, crack de l’interprétation ou comédien uniquement charismatiques, ces hommes étaient promis à un brillant avenir. Ils auraient pu figurer au panthéon des acteurs à côté des Marlon Brando, Humphrey Bogart, James Stewart, j’en passe et des meilleurs… si, à cause du conseil fort mal avisé d’un agent mal choisi, de la pression due à un besoin urgent de cash ou encore d’un ego tellement énorme qu’il anéantit tout sens critique, ils n’avaient pas un jour tourné dans un ou plusieurs films bidons les faisant dégringoler au bas de l’échelle de la qualité cinématographique.
Il n’est pas question ici de pointer du doigt toutes les tares ou tous les points qui sauvent ces grandes figures du cinéma de la déchéance la plus totale mais plutôt de tenter de comprendre pourquoi ils se sont brisés en pleine ascension.

Pour commencer dans une optique gauloise, Jean-Paul Belmondo est sans doute le meilleur exemple français pour cette catégorie. Homme de théâtre, ses débuts au cinéma sont éclatants, alternant entre films d’auteur et films plus commerciaux : entre Léon Morin, prêtre, Un singe en hiver, L’homme de Rio (un des films fétiches de Spielberg, sic), A bout de souffle, Une femme est une femme, Pierrot le fou, Borsalino, il montre l’étendue de ses capacités et devient rapidement le petit chouchou du box-office hexagonal. Mais le vertige du succès le pousse peu à peu à enchaîner les nanars commerciaux, puis à disparaître du grand écran et à revenir sur les planches où son style « toc-toc-badaboum-c’est-moi!» continue à ravir les amateurs de théâtre de boulevard. Mais malgré quelques rebondissements comme Itinéraire d’un enfant gâté, Bebel ne retrouvera jamais son prestige passé. Son dernier retour à l’écran, dans Un Homme et son chien semblait attendu mais fut un joli bide où la prestation de l’acteur fit carrément pitié aux critiques… mais à sa décharge et comme l’a montré le dernier palmarès des Gérard du cinéma, le réalisateur y est quand même pour beaucoup.

Dans la catégorie des jeunes acteurs prometteurs qui finissent par se fourvoyer dans des productions bien lourdes, Ewan McGregor fait figure de poids lourd. En effet, le petit favori de Danny Boyle qui avait commencé en fanfare dans Les Virtuoses (de Mark Herman) et dans Petits Meurtres Entre Amis, Trainspotting et Une Vie Moins Ordinaire finit par se brouiller avec le réalisateur quand ce dernier doit céder à la pression des studios et prendre Leonardo Di Caprio à sa place pour le rôle principal dans La Plage. Mais cette attitude anti-majors trouve sa limite lorsqu’il commence à flirter avec Georges Lucas. Quand on lui demandera avec perplexité pourquoi il était passé de films dits « indépendants » à la série des trois médiocres Star Wars, l’intéressé répondra avec honnêteté : « I know what I said, but, hey! This is Star Wars! ». Mais malgré cette sympathique honnêteté, il faut bien admettre que depuis qu’il est allé jouer au jedi devant un écran bleu, sir Mc Gregor n’a pas fait dans le top de la qualité cinématographique. Entre le kitsch de l’insupportable Moulin Rouge, l’échec relatif de The Island et le fourvoiement fatal d’Anges et Démons, il n’en finit pas de décevoir et on ne peut que remercier le ciel que les producteurs de James Bond aient finalement opté pour Daniel Craig afin de renouveler la licence.
Mais il arrive bien souvent que l’échec d’une carrière soit du non pas au fait de prendre tous les rôles qu’on se voit proposer parce qu’ils rapportent du cash mais bien au fait d’avoir refusé des rôles. Stupidité personnelle ou manque d’intuition de l’agent peu importe bon nombre d’acteurs qui nous intéressent aujourd’hui ont manqué des rôles qui auraient pu apporter une dimension supérieure à leur palmarès.

De ce point de vue l’exemple le plus pathétiquement drôle est celui de Michael Madsen, acteur moins connu que les autres qui figurent ici mais bénéficiant d’un véritable charisme qui aurait pu lui ouvrir de sacrées portes. Il est intéressant de voir qu’un acteur qui a commencé à être connu en jouant dans The Doors d’Oliver Stone, dans Thelma & Louise, dans Rerservoir Dogs… finit par refuser le rôle principal dans Tueurs Nés – en suivant les conseils de Tarantino – ou celui de Vincent Vega dans Pulp Fiction, et va plutôt tourner dans de fascinants ouvrages tels que Sauvez Willy (1&2), La Mutante (1&2), Mon Boss, Sa Fille Et Moi… Deux refus cruciaux et bien des bouses plus tard, Michael Madsen n’est plus qu’un acteur de seconds rôles qui suscitent de la part du grand public des réflexions comme « mais j’le r’connais, j’suis sûr de l’avoir déjà vu quelque part… » sans jamais réussir à identifier l’énergumène.

Vient ensuite le sympathique cousin d’outre-atlantique de notre Julien Lepers national, Michael Keaton, qui avait su montrer la diversité de son jeu en tournant aussi bien avec Burton, Branagh, Tarantino… Voilà un acteur qui, commercialement, aurait pu se faire une montagne de blé s’il n’avait pas refusé de continuer à jouer Batman et qui, artistiquement, aurait pu se bâtir une meilleure renommée s’il n’avait pas finit par faire que des seconds rôles dans des films qui ne tiendront pas dix ans dans les mémoires collectives (Jack Frost, L’enjeu, Hors d’atteinte, Les Sables mouvants ou encore La Coccinelle revient – sic).

Ceci dit, Michael Madsen et Keaton sont bien battus en terme de refus mythiques par plusieurs grandes figures, à commencer par le sympathique Mickey Rourke, a.k.a « El Marielito » en tant que boxeur, a.k.a « the Human Ashtray » selon Kim Basinger. Ce dernier, dont Elia Kazan avait fait un véritable éloge et qui bénéficiait de manière trop peu commune à la fois des faveurs du public et de la critique après les succès de 9 semaines et ½, L’année du Dragon ou Angel Heart, non content d’être un alcoolique notoire et d’être passé par plusieurs cures de désintoxication, a manqué à la fois le rôle titre du Flic de Beverly Hills, a refusé Highlander, Rain Man, Les Incorruptibles, Platoon, Top Gun… Bref autant de rôles qui auraient pu donner une petite dynamique à sa carrière. Reste à savoir si, après des rôles remarqués mais de faible envergure comme dans Domino, Sin City, etc…, son grand retour dans The Wrestler saura rétablir de manière concrète une carrière brisée.

Le deuxième champion du « bad move » semble être John Travolta, le sympathique coreligionnaire de Tom Cruise, qui infirme donc l’idée qui pourrait selon laquelle il y aurait une malédiction qui ne frappe que les « Michael ». Après ses débuts notables dans Saturday Night Fever et Grease, puis plus tard Staying Alive (on pensera ce qu’on veut de ces films, il n’empêche qu’ils ont construit sa notoriété), le malheureux Travolta a eu l’intelligence de dédaigner d’abord – et ce au grand bénéfice de Richard Gere – Days Of Heaven, American Gigolo, Officier & Gentleman, Chicago… puis Apolo 13 et Forrest Gump. S’il est vrai qu’il a joué de malchance en se voyant préférer Val Kilmer pour interpréter Jim Morrisson, Jack Nicholson pour As Good As It Gets et Kevin Spacey pour American Beauty, il faut bien avouer que Travolta est passé maître es plantages, n’arrivant même pas à rebondir de manière élégante sur le succès de Pulp Fiction. Son interprétation dans Face/Off fut une belle surprise mais Broken Arrow puis Battlefield Earth finissant de placer l’acteur dans la case des acteurs has been que l’on apprécie pour de tout petits rôles comme dans La Ligne Rouge.

Il arrive toutefois que même quelques légendes du cinéma aient pris des décisions extrêmement surprenantes. Al Pacino, considéré à juste titre comme un des plus grands acteurs de tous les temps, l’interprète de génie du Parrain et qui porte à bout de bras le mythique Scarface avait déjà refusé Apocalypse now pour des raisons déjà évoquées ici. Mais qu’il dédaigne des rôles comme celui de Han Solo dans Star Wars (pourtant le seul personnage de la série qui n’a pas ruiné la carrière de l’acteur qui devait l’incarner par la suite) ou comme les rôles principaux de Né un 4 juillet, Pretty Woman, A la rencontre du troisième type… et qu’il veuille bien volontiers tourner dans des films comme Ocean’s Thirteen, Franckie & Johnny, ou 88 minutes laisse extrêmement perplexe. Il semble que l’acteur vieillissant ne soit à la hauteur de son talent que lorsqu’il joue dans des films un peu plus intimistes tels que Le Marchand de Venise.

No comment...
Il est intéressant de constater que Pacino partage ce déclin avec l’autre mythe des années 70, monsieur Robert De Niro, qui, s’il reste un des rares acteurs de légende n’en a pas moins fait de curieux choix. Que Meet The Parents, Meet The Fockers, Mafia Blues… aient généré des montants faramineux n’est pas la question, il semble simplement étrange qu’un type de cette envergure finisse par faire si peu de films qui auront plus tard la notoriété des œuvres de son passé. Comme si l’acteur disparaissait peu à peu sous le flot toujours plus dense des succès éphémères d’Hollywood. Son rôle dans Les Aventures de Rocky & Bulwinckle reste quant à lui un des plus gros scandales de l’histoire du cinéma toutes carrières d’acteurs confondues.

Dans la catégorie des vastes blagues de ce genre se place aussi plutôt bien Sean Connery. « The sexiest man alive » – qui avait commencé comme footballeur et culturiste pour le concours de Monsieur Univers (sic) et qui s’était tourné vers le métier de saltimbanque sur le tard – avait eu la chance d’être sélectionné parmi 600 candidats pour interpréter le plus célèbre agent secret. Si son choix de quitter la licence bondienne était sans doute raisonné et judicieux et qu’il joua pour d’excellents films par la suite (L’homme qui voulut être roi, Le nom de la Rose, La dernière croisade, Octobre Rouge…), force est de constater que la fin de sa carrière s’illustre par La Ligue Des Gentlemen Extraordinnaires et Chapeau Melon Et Bottes De Cuir, films dont l’envergure des échecs ne trouve d’égale que dans le chaos hallucinatoire d’un Zardoz qui aurait entaché la carrière de quiconque. Ceci dit, Sir Thomas Sean Connery fait partie de ses personnages tellement sympathiques qu’on serait prêt à tout lui accorder. Et quand il explique qu’il trouve que le cinéma est une bonne chose mais que la retraite en est encore une plus belle et qu’il a l’intelligence de rester bien loin d’un projet comme Indiana Jones et le crâne de cristal, on ne peut que devenir un peu plus laxiste à son égard.
Pour finir, on pourrait émettre une supposition en regardant, parmi tant d’autres, la carrière d’un bien jeune acteur : Jake Gyllenhaall qui, après avoir fait sa réputation sur des films comme Donnie Darko, Brockeback Mountain ou Zodiac, sera prochainement sur les écrans pour le rôle titre de Prince Of Persia, et ça, au regard de la bande-annonce, ça fait très très peur.
Matthieu Buge

c’est un escroquerie cet article !
Je m’offusque et même plus !!
SAUVEZ WILLY est LE film qui a révélé ce bon vieux Madsen. Tocard de blogueur ! Donnez leur une connexion internet, 2 doigts et du temps à rien foutre et voilà le résultat, eh ben bonne soirée !
@pirate215: vous faîtes partie des 71 fans de Sauvez Willy sur Allociné? Parce que si oui, ils suggèrent que vous devriez être aussi fan de Mon Ami Joe, des studios Disney et avec un gorille et Bill Paxton. Effectivement, ça sent la bonne soirée!