FANTASTIC MR. FOX (Wes Anderson, 2009)

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“Honey, I am seven fox years old. My father died at seven and a half. I don’t want to live in a hole anymore, and I’m going to do something about it” disserte calmement ce fantastique Fox autour de sa table de petit déjeuner avant de se jeter frénétiquement sur ses tartines pour les dévorer comme un prédateur affamé lacérerait une proie.

Mr. Fox est doué.  « He’s a natural » comme disent les Anglais. Seulement voilà : son seul petit problème, c’est d’avoir promis à sa femme qu’il arrêterait de risquer sa vie à voler des poules et qu’il trouverait une occupation plus paisible. Mais l’activité de gratte-papier pour la gazette locale n’allant pas vraiment à son caractère d’animal sauvage, le naturel revient nécessairement au galop quand la famille de goupils déménage pour se retrouver en face des trois plus grosses fermes de la région. Les trois fermiers, Boggis, Bunce et Bean entrent alors dans une guerre totale afin d’annihiler le Fox et sa famille.

Mais ces trois gaillards, malgré leur mesquinerie – “One short, one fat, one lean. These horrible crooks, so different in looks, were nonetheless equally mean » – n’avaient prévu ni l’étendue de la ruse canidée, ni l’union des animaux de la forêt.

Wes Anderson mériterait un oscar de la gentillesse, car en décidant d’adapter une nouvelle champêtre de Roald Dahl en stop motion, il ne pouvait offrir de plus beau cadeau à des spectateurs pris dans un hiver de cochon et dans le tourbillon des crises sans solutions.

Inutile de s’épancher sur le propos d’Anderson sur l’amitié et la famille : il est simple, touchant sans être particulièrement captivant, mais colle à merveille à l’univers charmant, bucolique et loufoque que le réalisateur a créé à l’aide d’une ribambelle assez impressionnante de personnalités.

Que le fabuleux champion du stop motion Henry Selick soit finalement parti de l’aventure pour se consacrer à sa Coraline n’a finalement pas d’importance tant son remplaçant Mark Gustafson a fait un boulot remarquable. En animant des marionnettes dans un décor directement inspiré du coin fort pastoral où évoluait Roald Dahl et avec 12 images par secondes au lieu de 24, le duo Anderson-Gustafson a fabriqué un microcosme extrêmement désuet et incroyablement fascinant.

Les aventures de la famille goupil sont étayées par une multitude de personnages secondaires plus originaux les uns que les autres. Qu’il s’agisse des immondes fermiers, du rat qui fait la sécurité pour eux ou des opossums, blaireaux, lapins qui composent le clan du Fantastic Mr. Fox, ces personnages un peu rigides évoluent tous, devant les  yeux de spectateurs ravis, de manière drolatique, croqués dans des situations incroyables et en gestes saccadés, sans toutefois perdre une once d’humanité.

George Clooney, Meryl Streep, Bill Murray, William Dafoe… ont été suffisamment emballés pour prêter leurs voix et faire des enregistrements non en studio mais dans des greniers, forêts, sous-sols et autres lieux « naturels » et Alexandre Desplat a été assez conquis pour venir y ajouter sa touche musicale bien à lui afin de relever un peu plus la sauce.

Et si la parenté avec Nick Park et autres adeptes de ce type d’animation est évidente, il n’en reste pas moins qu’au milieu des avalanches numériques passées et à venir, avatariennes comme pixardiennes, le « petit » film de Wes Anderson a un parfum particulièrement plaisant, simple et intelligent, qui en fait une œuvre quasiment providentielle en ce début 2010.

Matthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Lundi février 22 2010at 01:02 , filed under Ciné US$ and tagged , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “FANTASTIC MR. FOX (Wes Anderson, 2009)”

  • Larmo dit :

    Film d’animation intelligent et à contre-courant, Fantastic Mr Fox surprend par ses dialogues brillants et par son côté champêtre qui s’opposent à l’anthropocentrisme ambiant.

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