2010 : qu’est ce qu’Hollywood va encore sortir de son chapeau?

A priori rien de bien nouveau puisque l’industrie américaine continue de surfer sur la vague du remake de gros succès internationaux. Américains, européens, asiatiques… tout type de bobine semble condamné à être passé à la moulinette hollywoodienne.
S’ils étaient déjà bien avancés dans la reprise de séries TV, de Marvel, et de grands succès d’autres régions du monde (Les Sept Samouraïs, Le roi Léo, The Ring, Solaris, Infernal Affairs…), les producteurs hollywoodiens semblent enfin avoir décidé de tous se mettre à patauger dans la mélasse de la non-créativité en reprenant un nombre incroyable de films : séries, blockbusters américains, grands succès étrangers, films moisis mais « concepts » qu’ils vont essayer de relever… tout y passe en ce début des années 2010.
Ainsi, l’année a commencé avec Le Choc des Titans qui était un remake d’un film de 1981, les spectateurs vont pouvoir admirer durant les mois qui suivent une reprise du personnage de Freddy, un long à partir de L’Agence Tous Risques, un remake du Karate Kid de 1986, une suite du très bon mais très vieux Tron, la reprise des aventures du Flic de Beverly Hills, des tribulations de Godzilla… et comme si ça ne suffisait pas d’avoir déjà osé reprendre des chef-d’œuvres comme Infernal Affairs, les voilà partis dans des remodelages d’Old Boy et de Rashômon !!
La liste édifiante des remakes prévus est en fin d’article, avec les plus scandaleux (selon nous) en gras.
Si on part du principe que, dans le fond, toutes les fictions parlent de la même chose, dissertent sur des mêmes thématiques en arrivant à des conclusions proches… on pourrait se dire que de toute façon, remake ou pas remake, le cinéma, c’est toujours la même chose. Sauf que le cinéma est intéressant pour la forme de ses histoires, pour sa manière de présenter les choses. En ce sens, faire un remake peut être justifié quand l’intention du premier film était bonne mais le résultat moisi. Mais reprendre des films qui étaient parfaits tels qu’ils avaient été réalisés dans un premier temps (même pour satisfaire une masse de spectateurs débiles qui, partant du principe que lire des sous-titres est trop compliqué, se refusent à aller voir des films étrangers) relève de la pure perte de temps, d’argent et d’une prétention qui veut que ce qu’un Japonais a bien fait, un Américain le fera mieux. Peu importe qu’ils dénaturent le propos en faisant une happy end ou en plaçant quelques clichés populaires, ce sera mieux… pour le nombre d’entrées dans les salles. Et le spectateur lambda se persuadera sans doute dans quelques mois que The Host est une œuvre originale américaine et que, vraiment, ces Coréens sont quand même de sacrés contrefacteurs.
Mais les pontes de l’industrie cinématographique américaine seront satisfaits car :
1- l’argent rentrera en masse
2- les producteurs pourront prétendre vouloir par ce biais faire découvrir d’autres cinémas
3- l’industrie audiovisuelle américaine gardera sa suprématie
Sauf que cette tendance trahit un manque d’originalité grandissant de la part des professionnels d’Hollywood qui pourrait bien, à terme, menacer cette hégémonie. Si les Etats-Unis ont dominé le monde du cinéma pendant tout le vingtième siècle, c’était justement grâce à leurs immenses capacités d’inventeurs d’histoires et de « story-teller ». Manifestement, aujourd’hui, la créativité semble venir d’ailleurs…
Matthieu Buge
LA LISTE:
10
36
1984
13 Tzameti
A Nightmare On Elm Street
Akira
All Of Me
Angel Heart
Arthur
Back To School
Barbarella
Battle Royale
Brighton Rock
Captain Blood
Child’s Play
Clash of the Titans
Conan
Death at a Funeral
Death Wish
Dune
Escape From New York
Fahrenheit 451
Fantastic Voyage
Flash Gordon
Footloose
Forbidden Planet
Frankenweenie
Girls Just Want to Have Fun
Hellraiser
High and Low
Highlander
Howard Stern’s Porky’s
I Spit on Your Grave
Knight Rider
Last Tango In Paris
Logan’s Run
Meatballs
Metropolis
My Fair Lady
Near Dark
Oldboy
Piranha
Poltergeist
Rashomon
Red Dawn
Red Sonja
Romancing The Stone
Rosemary’s Baby
Sharky’s Machine
Straw Dogs
Sunset Boulevard
Sympathy For Lady Vengeance
The Birds
The Blob
The Crazies
The Dirty Dozen
The Evil Dead
The Host
The Illustrated Man
The Incredible Shrinking Man
The Jetsons
The Karate Kid
The Lives Of Others
The Rocky Horror Picture Show
The Shadow
The Star Chamber
The Stepfather
The Swarm
The Thing
The Warriors
The Witches
Tron
Westworld
When Worlds Collide

Monsieur, votre ton insolent et faussement revendicateur n’est également que la reprise de ficelles journalistiques de dandies rive gauche blasés par l’autosuffisance du bon gout préservé.
Pourquoi la reprise serait-elle une lobotomie de la création ?
Les 7 mercenaires sont une reprise des 7 samouraïs ; certains bien pensants de l’époque criaient déjà au scandale. Ce film est pourtant devenu culte. De tels exemples, on en trouve à la pelle.
J’irai même jusqu’à dire que le processus de reprise est le nerf de l’art et même des arts dans leur ensemble. Un exemple : faut-il parce que les variations Diabelli sont dans une certaine mesure un plagiat des variations Goldberg crier au scandale et nié le génie ? Reprise ne rime pas forcément avec nullité.
Trompette de l’infamie, vous être bien mal embouchées.
Cher Tadsam,
Relisez le billet.
Le principe du remake n’est pas sujet à critique. Encore une fois, tous les films parlent de la même chose et loin de moi l’idée de dénigrer le rôle salutaire des influences extérieures diverses et variées. Cela vaut pour la musique, pour la peinture, pour le cinéma… pour toute création ou même réflexion humaine.
C’est le fait de recourir de plus en plus à cela qui est ici dénoncé. Les US furent un temps le plus grand bouillon de cultures scénaristiques et ils sont désormais obligés d’aller à la pêche aux idées dans des oeuvres qu’ils n’essaient pas ou plutôt ne veulent pas diffuser sur leur propre territoire.
Que diriez vous si Beethoven, Tchaïkovsky, Rossini s’étaient mis à refaire la Flûte Enchantée?