HUMPDAY (Lynn Shelton, 2008)

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Passé quasiment inaperçu lors de sa sortie en salle en 2009 (30 200 entrées en France…), Humpday est un petit film indépendant fort sympathique dont il est étonnant que le thème n’ait pas été traité par un grand studio américain, à grand renfort de gags un peu lourds et de situations improbables (cf. le néanmoins fort sympathique Very Bad Trip).

Film de potes un tantinet transgressif, Humpday présente deux jeunes hommes, amis depuis toujours mais qui ne se sont pas vus depuis une bonne dizaine d’années. Ben mène une vie tranquille, vient d’emménager avec sa femme qui semble être la meilleur des compagnes possibles et compte bien avoir un gamin un jour ou l’autre. Andrew, de son côté, est un baroudeur qui aime à se penser en Kerouac, voyant beaucoup de choses « différentes » mais n’accomplissant, au fond, rien du tout.

Lors d’une soirée arrosée comme il faut, les deux s’entraînent dans le défi de participer au HumpFest, qui, comme son nom l’indique n’est autre qu’un festival de porno amateur. Leur but : faire de l’art.  Car deux potes  hétéros qui couchent ensemble… voilà du jamais vu ! voilà de la transgression philosophicofumeuse ! La réalité du débat ressemble plus à un concours de qui-pisse-le-plus-loin entre un homme qui a peur de se ranger et un autre qui a peur de s’être rangé.

Le lendemain matin,  malgré des cerveaux quelque peu imbibés et enfumés, les deux campent sur leur position et leur engagement. Mais sans encore savoir qui pénétrera l’autre, comment Ben va annoncer le projet à sa femme, et comment accepter psychologiquement la chose… à jeun. Tout un programme.

Ce film au « very very low-budget » manifeste, frappe au premier abord par la performance de ses acteurs. Que ce soit Ben (Mark Duplass), Andrew (Joshua Leonard) ou Anna (la femme de Ben, Alicia Delmore), tous sont incroyablement convaincant dans leur interprétation. Duplass joue à merveille le gentil gars rangé un peu frustré qui essaie de montrer qu’il est encore cool ; Leonard avait – à l’origine – la parfaite tête de l’emploi pour son rôle de baroudeur-fêtard-bon à rien ; quant à Delmore, force est de constater qu’elle n’a pas son pareil pour camper la femme gentille, un peu molle, a priori enfermée dans des préceptes stricts mais dans le fond beaucoup plus compréhensive qu’on aurait pu le supposer…

Certes, Humpday fonctionne sur des principes de base relativement classiques : naturellement, par exemple, les retrouvailles de deux êtres si différents vont déclencher ipso facto le conflit nécessaire à la mise en place du propos que Lynn Shelton voulait mettre à l’écran. Mais là où l’ensemble est intéressant c’est qu’il est « transgressif » sans se vouloir choquant. Les liens amitié-sexualité et amour-sexualité, l’homosexualité et le façonnement des us et coutumes sexuels et relationnels d’une époque donnée, mais aussi le dépassement de soi-même avec ses motivations parfois vaines, ineptes… Sans être vulgaire, tout en douceur et avec énormément d’humour, Humpday aborde ces questions généralement traitées de manière très potache. L’intelligence du film de Shelton réside aussi sans doute dans le fait que si, par le biais de ses personnages, elle remet en cause quelques principes bien ancrés dans notre société, elle n’oriente pas pour autant son histoire vers une transgression frénétique et gratuite. Ben et Andrew sont des êtres encore en pleine construction. Et les interrogations auxquels ils font face les amènent à une conclusion beaucoup plus intéressante : le réel dépassement d’eux-mêmes ne se trouve sans doute pas tant dans la réalisation d’un acte éphémère qui les dégoûte sacrément que dans un engagement constructif sur la longueur qui les effraient profondément.

Matthieu Buge

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Les deux gay lurons Ben & Andrew

Andrew: I’m going to count to five and we’re going to fuckin’ *kiss* and we’re just going to do it. Alright.

Ben: You ready?

Andrew: You ready?

Ben: Yup!

Andrew: You ready?

Ben: Ready.

Andrew: Ready?

Ben: Five…

[in unison]

Ben: four, three, two, one.

Andrew: [jumps at Ben. They open-mouth "kiss", but without moving at all; and they hold this for at least ten seconds; then they release and stand back]

Ben: [pauses, then sounds happily relieved] It wasn’t that bad!

Andrew: [laughing] No, it was just… it’s weird, I’ve never kissed stubble before.

Ben: Wasn’t that bad!

Andrew: It wasn’t *terrible*.

Ben: It wasn’t terrible, no, it wasn’t terrible.

Andrew: [long pause] Yeah, that was awful.

Ben: Dude, that was awful.

[pause]

Ben: Okay…

Andrew: Uhhhhh…

Ben: This is gonna be hard.

Andrew: Yeah, that puts a little wrench in the works, doesn’t it?

This entry was written by M."K".B , posted on Jeudi avril 15 2010at 02:04 , filed under Ciné US$ and tagged , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “HUMPDAY (Lynn Shelton, 2008)”

  • Larmo dit :

    Film très drôle même si le scénario n’est pas très crédible. Le type est quand même près à foutre en l’air son couple stable pour réussir un pari d’ivrogne. Parfois, un peu trop gay tout de même…

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