THE BUTTERFLY EFFECT (Eric Bress, J. Mackye Gruber, 2004)

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- Yeah Ashton, thanks to your time travels, I became a whore!

Chez KMM, on aime bien les navets aussi, et on a enfin vu The Butterfly Effect. Il serait fort malhonnête de dire qu’on a été déçu tant le navet qu’on attendait s’est révélé être un véritable chef-d’œuvre de nullité, à tous points de vue, atteignant les profondeurs abyssales du nanar américain pour teenager en perte de repères, se demandant constamment où va sa vie, comment il peut la maîtriser, et adepte de tout ce qui est fantastique car cela le sort un peu de son quotidien banal et monotone.

Voici donc une nouvelle histoire d’adolescent américain, Evan (l’insipide Ashton Kutcher – pardon pour ce truisme), qui a quelques problèmes mentaux et dont à la fois le pouvoir et le problème est de remonter dans le temps pour tenter de créer un monde meilleur (pour lui et ses amis, pas pour empêcher un énième génocide en Afrique subsaharienne, cela va de soi).

Un peu comme pour Cloverfield, donc, les producteurs ont eu l’idée finaude de vouloir mixer deux concepts des films à succès. En l’occurrence ici : Retour Vers Le Futur et Donnie Darko. Un processus intellectuel puissant,stimulé par le – simple mais toujours efficace – goût du business, et que l’on pourrait résumer par l’équation suivante :

« Acteur mascotte » + « concept scénaristique facile » + « thème un peu philosophique » + X = JACKPOT !*

*L’inconnu X à trouver ici pouvant être traduite par «marketing habile », ou «masses aveugles », au choix.

The Butterfly Effect ne se contente pas d’être un pur calcul économique. Non, parce qu’il y existe tout de même des films de ce type qui sont bien faits ! Mais il fallait en plus que ce nanar décérébrant soit écrit de manière pitoyable : entre la multitude des coïncidences plus artificielles les unes que les autres permettant de justifier les allers-retours dans le temps, une absence totale d’explication de la logique absurde d’Evan dans ses voyages temporels et des dialogues honteux (scène : Evan à 13 ans : « You have no idea how beautiful you are », Kayleigh, la douzaine : « … ? », Tommy, 13 ans, toutes ses dents et un air diabolique après avoir tabassé un adulte : « AH AH AH ! »), The Butterfly Effect laisse d’abord perplexe avant de faire verser le spectateur dans cette euphorie qui rend la critique jubilatoire instantanée et l’envie de doubler le film en direct inextinguible.

Ashton is...armless!

Ashton is...armless!

Cette joie incessante que l’on ressent  à ce visionnage doit aussi beaucoup, il faut bien l’admettre, à la qualité des interprètes, qui semblent ancrés dans une dialectique de la médiocrité et si on ne peut qu’être attristé pour les enfants-acteurs-en-devenir qui se sont retrouvés dans cette aventure, on ne peut que s’amuser des prestations d’Ashton Kutcher, qui aurait du arrêter sa carrière après That’s seventy show (où le personnage abruti de Kelso était sans doute le seul rôle à la hauteur de son talent), et d’Amy Smart, qui aurait du gagner un Razzie Awards pour la plus pitoyable scène larmoyante vue dans un hit du box-office.

Ce qu’il y a de bien avec The Butterfly Effect, c’est qu’il est drôle jusque dans la manière qu’il a de se prendre au sérieux. Car sans avoir même à insister sur le fait que la réflexion sur le concept et les modalités du voyage dans le temps pendant le développement et en pre-prod a du être à peu près aussi intense et efficace qu’un régime de John Goodman, The Butterfly Effect se veut un film un peu « grave ». Au fond, la série de mondes parallèles (ou de destins, au choix) que parcourt Evan ne fait que présenter différentes sortes de malheurs qui peuvent arriver dans la vie d’un individu. Triste, n’est-il pas ? Mais, tout de même, faire en sorte qu’un pédophile entre en rédemption tout simplement parce qu’un enfant de 13 ans décide de lui parler avec une autorité toute satanique, ou filmer Ashton Kutcher, avec sa tête d’éphèbe bovin, se réveiller sans bras… c’est assez hilarant. Surtout quand on essaie de passer un pauvre message « sérieux » comme « il ne faut pas forcer le destin ».

Du grand art.

MAtthieu Buge

PS :

Une analyse un peu plus poussée et bien sentie du nanar en question sur VIDEOGUM

PPS :

La phrase qui résume le mieux ce film se trouve sans doute dans un épisode de Family Guy. Le père, Peter Griffin, a fait construire une Panic Room chez lui. Brian le chien, est quelque peu surprise:

Brian: (points at the panic room) Peter, what is that?

Peter : « Well, I got the idea to build a panic room after I saw that movie The Butterfly Effect. I thought, wow, this is terrible. I wish I could escape to a place where this movie couldn’t find me. »

This entry was written by M."K".B , posted on Mercredi juin 02 2010at 09:06 , filed under Ciné US$, Fausse Bonne idée / Plaisir Coupable and tagged , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

8 Responses to “THE BUTTERFLY EFFECT (Eric Bress, J. Mackye Gruber, 2004)”

  • Frémi dit :

    un des pire films de tout les temps, indeed.
    une question reste en suspens : quelle « cut » du dit film as tu donc vu ? car, si le film est en soi une sombre cochonnerie, la director’s cut que j’ai eu le plaisir de voir le fait monter encore d’un cran, pour le classer réellement et définitivement au rang de chef d’oeuvre. Pour ne pas casser l’entrain des foules qui voudraient voir ce film, je laisse donc la révélation de cette fin alternative -existante en dvd- à l’ami wikipédia.

    • M."K".B dit :

      Grand dieu! Je viens de lire la fin du director’s cut sur wikipedia. Je suis sous le choc là. La strangulation du fœtus par cordon ombilical c’est encore plus beau que le coup du bébé dans le congélo… Mais je ne sais pas si j’aurai le courage de m’en retaper l’intégralité pour ça.

  • le cougar dit :

    à 2000% archi d’accord avec ton analyse,
    pour la fin alternative: le réal parle de sa propre expérience, il s’agit d’une subtile allusion à son passé et au pacte faustien qu’il a contracté.
    pour réaliser un tel film, en effet, la possession d’une âme est plus que dispensable…

  • le cougar dit :

    en effet, la métaphysique totale, c’est totalement con!

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