BURIED (Rodrigo Cortes, 2010)

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Et l’homme le plus chanceux du monde est… Paul Conroy ! Pris en otage par des Irakiens dont on ne saura jamais vraiment si ce sont des bandits ou des terroristes, Paul Conroy, un simple truck driver américain, se retrouve six pieds sous terre, dans un cercueil. A sa disposition : un Blackberry à moitié chargé et en arabe, un Zippo, un couteau, une flasque de gnôle, une lampe torche et – accessoirement – 95 minutes d’oxygène. Le Zippo, quoique consommateur d’oxygène, lui donne de la lumière et un outil pour dégager un inopportun serpent qui s’invite dans sa bière. Le Blackberry, la chance de converser avec son ravisseur et avec une administration américaine inutile et cruelle.  Mais le temps presse, l’oxygène se fait rare et la mort semble se rapprocher à chaque instant… 

 

Aucun doute, le señor Cortes a réalisé ici un sacré exercice de style en s’évertuant à faire un thriller avec un seul acteur, une seule « pièce » et en (quasi) temps réel. L’ensemble fonctionne magnifiquement. L’ennui est difficile à trouver – même en arrivant dans pour ce film avec des pieds de plombs comme votre serviteur. Et on peut comprendre que les claustrophobes s’arrachent de la salle fissa.

On se passera de commentaires sur la prestation de Ryan Reynolds car, si elle ne pose aucun problème, l’acteur est tout seul, avec ses larmes artificielles, son sable plein la face, et des interlocuteurs peu inspirants puisqu’il alterne entre les planches qui l’entourent et son téléphone. Colin Farrell aurait pu faire la même, haut la main.

Buried est, globalement, TRES bien écrit. On pourrait en critiquer le scénario en disant que ça n’est qu’un film catastrophe mis dans une boîte : toutes les quinze minutes arrive un évènement un peu plus grave, mettant Conroy un peu plus à la merci des tonnes de sable qui l’entourent, et l’ensemble est ponctué de vagues espoirs de « happy end ». Un film catastrophe à tout petit budget. Mais l’exploit est que Cortes a véritablement réussi à faire une histoire à partir d’un pitch minable. Et ça c’est fort. Comme Blairwitch il fut un temps, Buried est un film-concept, le type de films dont Hollywood a besoin pour trouver une issue au manque d’inspiration qui semble avoir saisi le milieu.

 

Le problème de Buried, c’est que Cortes en fait trop. Dans les effets de style, dans sa volonté d’émouvoir le spectateur quant à la destinée bien triste du truck-driver-qui-n’a-rien-demandé, dans sa perspective de l’escalade de l’horreur et du sadisme. On ne les évoquera pas précisément pour ne pas spoiler le futur spectateur, mais il y a bien quatre ou cinq scènes qui ne servent à RIEN, étant soit inutiles, soit artificielles, présente pour le simple « thrill ». 

Quoiqu’il en soit, Buried est sans doute un des bons films originaux et efficaces de cette fin d’année… à tel point qu’on en oublie le postulat de départ. Sérieusement : vous êtes affamés et vous voulez kidnapper quelqu’un pour demander une rançon. Allez-vous mettre en place un dispositif aussi compliqué avec un cercueil, un Blackberry etc… en espérant que le type survive le temps que l’ambassade des Etats-Unis accepte de larguer 5 OOO OOO $ dans le désert ? Sacrément vicieux le désespéré…

Comme me le disait Anne-Laure, le ravisseur, c’est un peu le cousin irakien du méchant coréen de Old Boy.

 

Néanmoins, vérifions l’impact de Buried sur les futurs projets audiovisuels et attendons nous à ce que le type de Man Versus Wild décide lui aussi que Zippo et Blackberry sont de très très bons sponsors.

 

MAtthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Dimanche novembre 28 2010at 05:11 , filed under Ciné Minorités and tagged , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “BURIED (Rodrigo Cortes, 2010)”

  • La Berne dit :

    Pas d’accord! Passé le premier quart d’heure de curiosité, je me suis ennuyée comme un rat mort. Visuellement, les plans sont moches. Le scénario est pauvre, malgré un pitch hyper prometteur et une fin inattendue. Bref, pas efficace pour La Berne.
    Je recommande, dans le genre six feet under, le double épisode des Experts, réalisés par Tarentino après Kill Bill. Si, si!

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