DE L’EAU TIEDE SOUS UN PONT ROUGE (Imamura Shohei, 2001)

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Etant donné qu’on en était à parler des Japonais et de leurs aventures atomiques, on a immédiatement pensé à faire un papier sur Pluie Noire d’Imamura. Puis finalement non. Plutôt évoquer brièvement un de ces films réjouissants et atypiques dont Imamura avait le secret en fin de carrière.

 

De l’eau tiède sous un pont rouge en déconcertera plus d’un, à l’image de son personnage principal, tokyoïte moyen qui se retrouve propulsé dans un monde d’étrangeté. Yosuke (le formidable Yakusho Koji qu’on retrouve dans Cure, Kairo, L’anguille, Eureka, Karisma, Tokyo Sonata…) est un citadin lambda, en plein déboires familiales et professionnels. Une de ses fréquentations, un vieux clochard-philosophe qui vit au bord de la rivière lui révèle avant de mourir qu’il a planqué dans un petit village de pêcheurs de la préfecture de Toyama un bouddha en or. Véritable trésor qui le soulagerait de bon nombre de ses désagréments. Le pauvre Yosuke n’a rien à perdre et s’embarque donc pour la province.

Evidemment, il n’y trouvera pas le trésor en question, mais une nouvelle vie. Une nouvelle manière de vivre. La cause principale de ce bouleversement ? Saeko (Shimizu Misa), une belle femme dont la particularité est de relâcher des litres et des litres de flotte au moment de l’orgasme… Yosuke va vite oublier la raison première de sa venue dans ce trou perdu du Japon.

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Bien loin de grandes fresques comme La Balade de Narayama ou Pluie Noire, Imamura s’attache ici à faire vivre à son personnage principal une expérience à la fois unique, onirique, comique, et romantique. Un peu comme dans L’anguille qui avait précédemment remporté la palme d’or à Cannes.

Et pourtant, a priori, racontée comme ça, cette histoire décrivant un gentil loser qui tombe sur une véritable femme-fontaine pourrait laisser croire qu’Imamura était devenu légèrement sénile lors de la création de son dernier film. Il n’en est évidemment rien. A travers la destinée de ces deux personnages, ce sur quoi Imamura interroge et s’interroge, c’est la recherche du bonheur. Peu importe la Voie envisagée. Et il le fait, comme à son habitude, avec une grande poésie et une évidente finesse. Et ce malgré des métaphores pas forcément très recherchées et un scénario qui a du laissé perplexe plus d’un producteur.

Au-delà du fil conducteur évident qu’est l’histoire d’amour et de guérison mutuelle qui se monte entre cette femme au singulier métabolisme et cet homme perdu, Imamura prend soin de ponctuer son film d’approches plus sociologiques en présentant bon nombre de déclassés ou de désaxés. Ses personnages et intrigues secondaires charment et amusent, donnant à l’ensemble du film un aspect de fable et au village en question des atours de paradis perdu sous stupéfiants. Qu’il s’agisse du clochard-philosophe, de cet africain venu s’entraîner au marathon (pour revenir champion du monde dans son pays et devenir président plus tard, sic !), de ce marin pêcheur-voyou au bon cœur dissimulé derrière un bêtise et un racisme crasse, ou encore de ces trois vieux pêcheurs qui font le pied de grue au pied de la maison de Saeko sans se rendre compte que les seuls moments où ils pêchent quelque chose c’est quand elle fait l’amour et qu’elle remplit la rivière… on est charmé du début jusqu’à la fin. A noter que quelques critiques cinéma de la gente féminine en ont été d’autant plus enthousiaste qu’elles y on vu un tendre hommage à la fécondité. Que cela ait été l’intention du réalisateur ou non, peu importe. On peut bien le comprendre tant Shimizu Misa campe ce personnage qui aurait pu refroidir les réacteurs de Fukushima tout seul de manière attachante et forme avec Yakusho Koji un très joli couple qui vient clore de manière toute poétique la fin de la carrière d’Imamura.

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MAtthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Jeudi mars 24 2011at 04:03 , filed under Ciné Bridé and tagged , , , , , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

One Response to “DE L’EAU TIEDE SOUS UN PONT ROUGE (Imamura Shohei, 2001)”

  • L'anguille dit :

    On se délectera d’apprendre que, loin de ne rester que l’apanage de la fable nippone, le très sérieux sujet des flots orgasmiques féminins éclabousse les colonnes de fameux bloggers.
    Quand le 7ème art flirte avec le 7ème ciel…
    C’est ici : http://www.lasurprisedalice.com

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