GHOST IN THE SHELL 2 – INNOCENCE (Oshii Mamoru, 2004)

On avait déjà parlé ici assez longuement du prodigieux Ghost In The Shell. On va faire nettement plus court cette fois. Ca semblait impossible mais si, le second, « Innocence », qu’on a enfin vu récemment, fait encore plus de nœuds au cerveau. Pendant le visionnage comme après. Sinon, ça ne serait pas drôle.
Batou, le colosse cybernétique qui accompagnait le major Kusanagi dans le premier film doit déjouer un nouveau complot. Des gynoïdes (androïdes girly si ça peut aider) qui servent de prostituées massacrent leurs clients avant de se suicider. Batou et son petit pote Togusa (le seul encore un peu humain de l’équipe de la section 9) vont alors fouiner chez les yakuzas pour comprendre qui tire à la fois les ficelles de ce jeu sordide et les marrons du feu. Mais aussi pour découvrir le principe « vital » qui anime ces dangereuses sexaroïdes. Apprenant que les yakuzas ont vendu des jeunes filles à l’entreprise Locus Solus qui créé les robots, Batou comprend que ces poupées du futur sont dotées d’un ghost d’une manière tout à fait illégale qu’on pourrait résumer ainsi :
Une jeune fille = un ghost. Ce ghost est dupliqué à l’infini pour en doter les sexaroïdes et les mettre sur le marché. La jeune fille meurt peu à peu, le ghost original étant détruit dans le processus.
Pour mettre fin à tout cette entreprise, Batou va se voir accompagné par son « ange gardien », le ghost du major Kusanagi.

Dans un sens, il se passe nettement plus de choses que dans le premier. L’enquête est plus « concrète », il y a plein de morts, Batou se fait pirater son propre ghost, Oshii opte cette fois moins pour les scènes contemplatives que pour les mises en abymes symboliques et plutôt rythmées… et pourtant. Pourtant Oshii nous emmène dans un labyrinthe métaphysique encore plus tortueux que dans Ghost In The Shell. Et comme si les interrogations de base ne suffisait pas à rendre le film un tant soit peu complexe et obscur, Oshii a décidé de truffer son film de références et de citations diverses, à tel point que de temps à autres les scènes et dialogues ne sont composés que d’images et de répliques que l’on pourra attribuer à des gens aussi variés que : Villiers de l’Isle Adam, Donna Haraway, Hans Bellmer, Raymond Roussel, Ridley Scott, Milton, Confucius, la Bible, Max Weber, Descartes, Platon, Bouddha, les frères Grimm… Oui, quand même! On ne décryptera pas ici toute ces références. Pour la simple et bonne raison que quelqu’un l’a déjà fait de manière très complète ici.
Il semble difficile d’être tiède vis-à-vis d’une telle œuvre. On peut être fasciné, on peut détester. Les deux sont compréhensibles. Mais c’est un peu comme du Tarkovski : il faut essayer, pour éviter de louper une grande expérience de cinéma. Pour donner un peu envie, on se limitera donc à inciter au visionnage du générique :
MAtthieu Buge
