INCENDIES (Denis Villeneuve, 2010)

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Simon et Marwan sont jumeaux et viennent de perdre leur mère. À la lecture de son testament, ils se voient confier deux enveloppes : l’une destinée à leur père qu’ils croyaient mort, l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Marwan décide de se rendre au Moyen-Orient à la recherche de ces deux êtres qui pourraient expliquer le mystérieux mutisme dans lequel à sombrer sa mère quelques semaines avant sa mort. Simon la rejoindra pour compléter l’énigme.

Adapté d’une pièce de théâtre de Wadji Mouawad, Incendies est une tragédie familiale bouleversante, servie par une interprétation enlevée et une réalisation ambitieuse. Et même si le réalisateur sort la grosse artillerie : l’insistance avec laquelle il filme les visages (implorant l’émotion), les métaphores un peu grossières (la piscine) et une mise en scène maniérée, le film est efficace et bluffant.

On suit donc Marwan sur les traces d’une mère dont elle ignore l’histoire dans un pays (le Liban, même s’il n’est pas cité afin de rendre le film universel) auquel elle ne connaît rien. Ponctué de flashback au fur et à mesure que la fille touche au but, le récit revient sur des épisodes d’une guerre civile et de ses conséquences actuelles. On se laisse embarquer jusqu’au dénouement final, violent et apaisé.

Ce n’est pas un mince tour de force que de tenir en haleine jusqu’au bout de ce voyage initiatique. Le scénario prend le meilleur de la construction théâtrale et le cinéma apporte son efficacité plastique comme lors de l’étouffante scène du bus. L’empathie est immédiate avec ces orphelins à la recherche de leur histoire, celle que leur mère s’est attachée à cacher.

La distribution est à la hauteur, Lubna Azabal est impeccable et porte son personnage, pourtant chargé, avec simplicité et vérité, les jumeaux réussissent à dépasser leur emploi de faire valoir. Enfin, les notaires, Rémi Girard en tête, amènent un peu de fraîcheur et de légèreté à une histoire qui évite le vase clos.

Le récit transcende les défauts formels du film pour toucher au cœur. Malgré son message simpliste car trop universel, son personnage central terriblement iconique : Quelle claque !

Timothée Bongrain

This entry was written by M."K".B , posted on Mercredi avril 20 2011at 09:04 , filed under Ciné Minorités and tagged , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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