SUCKER PUNCH (Zack Snyder, 2011)
Après les hiboux 3D de Ga’Hoole -mais QUI a vu ce film?- Zack Snyder revient à son univers d’ado un peu sombre, toujours lourdingue, youpi!
Résumé: Babydoll, 20 ans -jouée par la prometteuse Emily Browning- accusée d’avoir tuée sa p’tite soeur, se retrouve enfermée dans un asile psychiatrique. Avant sa lobotomie, arrangée par son charmant beau-père incestueux, elle doit trouver le moyen de s’échapper. Elle s’imagine alors être prisonnière d’un bordel, qu’elle veut fuir avec sa bande de copines-prostituées canons. Il suffit juste qu’elle récolte un briquet, un passe-partout, un couteau, un plan. Vous suivez à peu près? Parce que ce récit à boîtes se complique drôlement. Dans de ce monde imaginaire, le spectateur plonge encore dans les rêves apocalyptiques de Babydoll, aux moments où elle effectue une danse érotico-hypnotique. La ruse, c’est qu’on ne la voit pas se trémousser à l’écran, mais transportée dans divers mondes parallèles avec ses quatre potes. Elles y combattent sans gros soucis des samouraïs géants, des robots, des dragons, etc. Vaguement coachées par le vieux mentor -qui a le don de conclure ses brief’ par une phrase bidon en diable, digne de « La Philo pour les archi-nuls ». Suspens insoutenable: Babydoll pourra-t-elle échapper à son trépanateur -interprété par Don Drapper/Jon Hamm?
Le second degré est bien là. Le grand spectacle 300% numérique aussi. Imaginez toutes ces belles nanas invincibles, en talons et tenues légères, virevoltant avec génie dans les airs, zigouillant des méchants à tout-va, le tout mis en scène à la manière de tableaux de jeux vidéo. Pas mal hein? Palme du plus laid vilain aux nazis version zombies, victimes d’acné sévère. Dans ces univers très WTF-heroic-fantasy, les couleurs sont sombres, tirant vers le rouge-orangé ou le vert, alourdis en musique pop-rock rugissante, dont un remix de Queen insupportable.Les séquences de combat sont entrecoupées de scènes-clips toujours aussi sexy, aux dialogues toujour aussi… hm, intéressants.
On pourrait y voir une ode au féminisme. Un hommage aux adolescentes cabossées par la vie. Voire un récit grossièrement pimenté de notions freudiennes -conscient, inconscient, refoulement, blabla- grâce à une amusante narration. Balivernes, on ne regarde surtout pas un Snyder pour enrichir sa pensée en références douteuses mais pour l’amuser d’un navet délicieux. Bien qu’un peu pénible pour les yeux et les oreilles par moments, Sucker Punch constitue une suite logique après le grandiloquent 300 et le (trop) grave Watchmen. La vacuité sophistiquée ET divertissante, c’est la patte de ce réalisateur. Et tant pis si quelques puristes intolérants la décrient.
Anne-Laure Pham

Je n’ai pas vu ce film mais je ne peux vous laisser dire du mal de Watchmen qui est probablement une des meilleures adaptations de Comics (avec tous les Batman et V for vendetta). L’esprit glauque de la BD est très bien retranscrit même si son scénario est bien sûr nettement plus compliqué que celui du film. C’est tout de même un peu plus profond que Spiderman ou Iron man…