CONFUCIUS (Hu Mei, 2009)

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Après le Détective Dee, dans la série films chinois moisis, on demande… Confucius ! Oui, parce que même si cela avait échappé à beaucoup d’entre nous, ici en Occident, Confucius a été le sujet d’un long-métrage il n’y a pas bien longtemps. Malheureusement pour cette superproduction chinoise (22 millions de $ de budget pour 18 de recettes), elle demeure plus célèbre pour la controverse qu’elle créa à sa sortie que pour ses qualités.

 

De manière assez ironique, le film était sensé sortir pour le soixantième anniversaire de la République Populaire de Chine. Régime qui, lors de la Révolution Culturelle, avait bien tenté d’éradiquer l’héritage confucéen. L’entreprise tourna court, évidemment. Mais quelques décennies plus tard, il semble de bon ton de célébrer le philosophe. Ces revirements pragmatiques (et un peu cyniques) feraient presque regretter l’ère dogmatique du communisme pur et dur.

Néanmoins, sa sortie fut décalée, les autorités les médias annonçant tout de même « le plus grand film de tous les temps ». Manque de chance, Avatar sortait au même moment. Rapidement, les autorités retirèrent Avatar des écrans pour laisser un peu plus de place à leur bébé. On prétexta volontiers de manière officielle que le film de Cameron ne générait pas assez d’argent. Des blogueurs chinois estimèrent que le propos d’Avatar était un peu trop proche des expropriations auxquelles se livre toujours à l’heure actuelle le Parti. Mais peu importe…

 

 Confucius nous présente donc le philosophe (joué par Môsieur Chow Yun-Fat) dans les vingt dernières années de sa vie, depuis le moment où il devient Ministre de l’intérieur du royaume de Lu. Après quelques intrigues complexes impliquant les grandes familles du royaume et les royaumes environnants, le grand sage se trouve obligé de devenir un philosophe errant, suivi d’une poignée de fidèles. Il revient finalement à Lu avant de mourir et se lance dans ses « Annales des Printemps et des Automnes ».

 

Confucius ambiance Seigneur des Annales

Confucius ambiance Seigneur des Annales

Passons sur l’esthétique douteuse présentant des effets spéciaux dignes du Détective Dee. Passons sur l’éthique patriotique qui n’a évidemment rien de surprenant. Passons aussi sur Chow Yun-Fat, qui semble s’ennuyer fermement pendant les 120 minutes que dure ce film et qui déplaisait énormément aux Chinois du continent en tant que représentant du vieux sage. Ses origines hongkongaises, sa langue faite au cantonnais, et sa bonne bouille ne passaient pas pour certains Chinois qui espéraient sans doute voir leur immortel philosophe sous les traits d’un ascète 100% Han. Et puis, dans le fond, les premières scènes, quand Confucius fait preuve de sa sagesse, sont plutôt très honnêtes – même si un peu trop didactiques.

Non, vraiment, là où Confucius échoue c’est tout simplement dans sa capacité à intéresser le spectateur. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le philosophe n’était pas un simple ermite comme on pourrait l’imaginer aisément. La première partie le montre très bien. Mais sa dimension d’homme d’état n’est que très peu appréhendable tant les personnages sont nombreux et les hiérarchies (horizontales ou verticales) complexes. Et les innombrables légendes, venant ça et là présenter les lieux et les protagonistes, n’arrangent rien à l’affaire. Ce qui implique ipso facto que le film est juste mal écrit. La seconde partie correspond plus à l’image traditionnelle qu’on se fait du philosophe mais n’apprend pas grand-chose, ennuie, et on finit par ne plus avoir envie de le suivre de royaume en royaume (où il ne se passe quasiment rien) pour au final revenir à la case départ. D’autant que les démonstrations de loyauté de la part de ses fidèles sont un peu plus cheesy minute après minute. Le clou du spectacle présentant le fils de Confucius sacrifiant sa vie à grand renfort de violons et de lumières de mauvais goût dans un lac glacé pour récupérer les écrits de son père.

 

On pourrait dire que les auteurs ne se sont pas une seconde penchés sur la question de comment rendre le sujet plus abordable pour des audiences non-sinisantes. Malheureusement, c’est surtout en Chine que l’échec du projet s’est fait évident. Même dans l’Empire du Milieu Avatar a fait deux fois et demi plus d’entrées que le plus grand film de l’histoire… .

 

MAtthieu Buge

This entry was written by M."K".B , posted on Jeudi mai 05 2011at 07:05 , filed under Ciné Bridé and tagged , , , , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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