TOMBOY (Céline Sciamma, 2011)

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Second film de la réalisatrice Céline Sciamma, remarquée en 2007 pour son subtil Naissances des pieuvres, Tomboy suggère les mêmes thèmes, avec un déplacement judicieux dans l’univers de l’enfance. Une jolie petite chose dont l’efficacité naît d’une réelle maîtrise scénaristique.

Dévoiler le nœud de l’intrigue de Tomboy n’est pas spoiler. La dissimulation n’est ici pas centrale, mais ses conséquences sont passionnantes à suivre. La bande-annonce, efficace d’ailleurs, affiche clairement la couleur : lorsqu’elle emménage dans le nouvel appartement familial au début d’un été ; une petite fille, Laure, décide, un peu par accident, de se faire passer pour un garçon, Michaël. Dans le secret, le spectateur suit alors cette histoire comme un polar enfantin et redoute le moment où, inéluctablement le pot aux roses sera découvert.

C’est toute l’efficacité de ce film, ajouter à l’interrogation sur l’identité (doit-on forcément définir son genre ?), un suspense digne d’un thriller. Thriller d’autant plus surprenant qu’il contraste avec l’univers enfantin (fait de jeux, de baignades et de parties de foot), l’économie de moyens et la sobriété de la mise en scène.

Après une mise en place rapide durant laquelle on comprend que Laure est parfaitement intégrée au sein d’une famille aimante. La caméra s’attarde dans l’appartement en plans serrés, signe d’un sentiment diffus d’étouffement chez la petite fille. Sitôt dehors, les perspectives s’ouvrent, on suit alors Michaël, pas encore très à l’aise avec sa nouvelle identité. Les corps sont en mouvement et le sien trouve finalement sa place dans sa nouvelle bande. Avant bien sûr, comme dans tout film d’infiltration, la révélation finale. Elle/il a trahi. Devra-t-elle/il payer ?

Outre le scénario, qui, bien loin d’empiler les scénettes, monte en puissance au fur et à mesure du film (On pense à la séance de maquillage ou à la complicité qui unit les deux sœurs lors d’un dîner familial), le film est servi par une bande de gamins épatants, filmés à hauteur d’enfants. Les quelques adultes sont crédibles en parents parfois maladroits.

Tomboy est donc un bon film, ni ennuyeux malgré l’humilité de la production, ni donneur de leçons. La fin, ouverte, est passionnante, permettant à chacun de réfléchir à pourquoi il pense spontanément qu’elle irait plutôt dans un sens que dans l’autre.

Avec ce film, Céline Sciamma prouve surtout qu’elle est une réalisatrice à suivre.

Timothée Bongrain

This entry was written by M."K".B , posted on Mardi mai 10 2011at 05:05 , filed under Ciné Paté and tagged , , , , , , . Bookmark the permalink . Post a comment below or leave a trackback: Trackback URL.

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